top of page
  • Photo du rédacteurPhilippe Chevalier

La fraude à la vie

C’est à la fois la fraude la plus méconnue, mais pas si rare, et une des plus fascinantes.





Que se passe-t-il si des proches ‘’oublient’’ de déclarer le décès du vieil oncle Réjean , mort à Hawaï , alors qu’ils ont procuration sur ses comptes ?


Il ne se passe rien ! L’argent des diverses retraites et pension continue de tomber chaque mois.


Le seul obstacle est éventuellement un petit formulaire : La déclaration de non décès, que beaucoup de pensionnés doivent compléter et signer à chaque année. Un exercice littéraire qui commence par ‘’ je certifie ne pas être mort, etc….’’




Mais qui vérifie vraiment la signature et les éventuels documents ? Pas grand monde !

Et dans une ambassade, un consulat, un notaire ou avocat local ? C’est vite expédié par la magie de la procuration vaguement signée et par la présentation de documents d’identité.


Mais comment des fraudeurs peuvent ils espérer faire croire longtemps au non décès d’un décédé ?

Ils ne s’en préoccupent pas, car le fraudeur est dans l’excitation de l’instant présent et du ‘’ on verra bien ce qui arrive’’.


Des solutions ?

Évidemment elles existent, mais elles supposent une surveillance de nos activités et une interprétation de celles-ci par une autorité.

Il existe aussi des projets d'identités numériques par biométrie conservées sur une blockchain

Le projet Worldcoin est une approche innovante en matière d'identité numérique, mais 4 problèmes inhérents à toute preuve biométrique demeurent :

La vie privée, l'accessibilité, la centralisation et la sécurité.


Les alternatives à l'identité biométrique, seraient , la preuve d'activité humaine, la preuve d'activité sociale, la preuve de travail et la preuve de vie. Mais ces 4 concepts relèvent tous de la surveillance de la vie privée par une institution publique ou privée. Sans même évoquer un autre problème majeur : la barrière technologique.

De toute façon les fraudeurs ont depuis longtemps commencé à constituer des stocks de données biométriques.


Recevez vous des appels téléphoniques avec personne qui vous parle ? il s’agit de collectionneurs d’échantillons de voix .

Associer votre voix prononçant « allo , qui est à l’appareil ? Qui parle, etc… » avec votre identité permet de collecter une trace biométrique intéressante pour se faire passer pour vous ultérieurement, même si vous êtes mort .


Alors que faire ?

Hé bien il existe toujours des agences d’enquêtes privées telles que la nôtre qui interviennent à distance ou sur place pour valider le « non décès » d’une personne. Nous serions ravis de vérifier sur place, pour un régime de retraite, si l’oncle Réjean est bien vivant et fait toujours du surf à Hawaï. Il y en a en effet des missions pires que d’autres. Ce n’est peut être pas la solution la plus économique, quoique tout dépend du montant de la pension indûment versée à des fraudeurs .


Ce qu’il faut retenir cependant de la fraude à la vie , c’est la fréquence des fraudes commises au sein d’une même famille par les membres de la famille.

L’identité numérique est une solution imparfaite, associée à une IA elle peut détecter des drapeaux rouges, sauf que …


La modélisation 3 D de l’iris de l’œil n’est pas de la science-fiction, elle est déjà en vente sur des marketplace du Darknet. La fuite peut venir de la base de données piratée d’un aéroport (trés rare) ou de celle d’un laboratoire de recherche imposant des contrôles d’accès bio métriques à ses chercheurs.


Retenez que la science-fiction est le moteur de croissance des innovations. Elle guide la recherche, mais aussi les délinquants.

Donc, une vraie conversation à Hawaï avec l’oncle Réjean, en face à face, serait peut-être plus efficace que sa biométrie.

Comments


bottom of page