Victime d'une fraude crypto : que peut réellement faire un enquêteur privé ?

Dernière mise à jour : il y a 7 jours
Vous avez investi sur une plateforme de cryptomonnaies. Votre compte affichait des profits. Puis, au moment de retirer votre argent, tout a changé : retrait bloqué, demande de nouveaux frais, « taxe » à payer, compte suspendu ou interlocuteur devenu soudainement injoignable.
C'est un scénario fréquent dans les fraudes liées aux cryptomonnaies et aux fausses plateformes d'investissement.
Une des premières questions posées par les victimes est alors :
Peut-on retracer l'argent envoyé aux fraudeurs ?
Dans certains dossiers, oui. Les cryptomonnaies peuvent être transférées très rapidement, mais de nombreuses blockchains conservent publiquement l'historique des transactions.
Le rôle d'une enquête consiste à exploiter ces traces, les recouper avec d'autres informations et déterminer ce qu'il est réellement possible d'établir.
1. Retracer les transactions sur la blockchain
Lorsqu'une victime dispose des informations relatives à ses transferts, l'enquête peut commencer par identifier les transactions et les adresses de portefeuilles concernées.
L'analyse peut notamment permettre de suivre :
les adresses ayant reçu les fonds;
les transferts vers d'autres portefeuilles;
la dispersion ou le regroupement des fonds;
certaines interactions avec des plateformes d'échange;
les mouvements successifs effectués après le transfert initial.
L'objectif est de reconstituer et documenter le parcours observable des fonds.
Il faut cependant distinguer deux choses: retracer une transaction et récupérer l'argent sont deux opérations différentes.
Une enquête sérieuse ne devrait donc jamais commencer par une promesse de récupération.
2. L'enquête ne s'arrête pas à la blockchain
Les fraudeurs laissent généralement d'autres traces numériques.
Selon le dossier, une cyberenquête peut examiner :
le site Internet utilisé;
les noms de domaine et infrastructures associés;
les adresses courriel;
les numéros de téléphone;
les comptes sur les réseaux sociaux;
les pseudonymes et identités utilisées;
les sociétés mentionnées;
les documents transmis à la victime;
les liens entre plusieurs plateformes ou individus.
Ces informations peuvent ensuite être recoupées avec l'analyse des transactions.
C'est souvent la combinaison de l'analyse blockchain, de l'OSINT et de la cyberenquête qui permet de faire progresser le dossier.
3. Identifier une plateforme d'échange peut devenir important
Une étape particulièrement intéressante peut survenir lorsque les fonds atteignent une infrastructure ou une plateforme permettant potentiellement d'identifier son utilisateur.
Cela ne signifie pas que l'enquêteur privé peut simplement demander à une plateforme de révéler l'identité du titulaire d'un compte.
En revanche, documenter précisément le cheminement des fonds et les plateformes concernées peut fournir des informations utiles à un avocat, aux autorités policières ou à d'autres intervenants disposant des pouvoirs juridiques appropriés.
Le rapport d'enquête devient alors un moyen de transformer une série de transactions complexes en éléments compréhensibles et documentés.
4. Conserver les preuves avant qu'elles disparaissent
Une victime devrait conserver autant que possible les éléments originaux liés à la fraude.
Par exemple :
identifiants des transactions;
adresses de portefeuilles;
reçus de transfert;
relevés pertinents;
courriels;
conversations WhatsApp, Telegram ou autres messageries;
numéros de téléphone;
captures d'écran;
documents reçus;
adresses des sites Internet;
noms et pseudonymes utilisés;
chronologie des événements.
Il est préférable de conserver les fichiers et messages originaux lorsque cela est possible plutôt que seulement des captures d'écran.
Ces éléments peuvent devenir importants pour comprendre la fraude et préserver la preuve.
5. Pourquoi agir rapidement ?
La blockchain conserve certaines traces, mais l'environnement entourant la fraude peut évoluer rapidement.
Un site peut disparaître. Un compte peut être supprimé. Un numéro peut être abandonné. Des fonds peuvent être déplacés vers de nombreuses nouvelles adresses ou infrastructures.
Commencer l'analyse rapidement augmente donc les possibilités de préserver et documenter les informations encore disponibles.
6. Attention à la deuxième fraude : les faux services de récupération
Les victimes de fraude crypto constituent elles-mêmes une cible recherchée par certains fraudeurs.
Après une première perte, une personne peut être contactée par quelqu'un affirmant avoir retrouvé son argent.
Le fraudeur peut se présenter comme un enquêteur, un spécialiste blockchain, un avocat, une agence gouvernementale ou un service spécialisé dans la récupération de cryptomonnaies.
Une nouvelle somme est alors demandée pour « débloquer », « assurer », « taxer » ou récupérer les fonds.
Il faut être particulièrement prudent face à toute personne qui garantit la récupération des cryptomonnaies perdues.
Que peut donc réellement apporter une enquête ?
Une enquête crypto peut, selon les circonstances, permettre de :
retracer certaines transactions,
identifier les portefeuilles impliqués,
rechercher les infrastructures
utilisées, recouper les traces
numériques,
documenter les éléments disponibles
et produire un rapport d'enquête structuré.
Chaque dossier est cependant différent.
Certaines pistes aboutissent. D'autres atteignent des limites techniques, juridiques ou géographiques.
C'est pourquoi une première analyse du dossier est généralement nécessaire avant de déterminer ce qu'une enquête peut raisonnablement accomplir.
Vous pensez avoir été victime d'une fraude crypto ?
SarX mène des enquêtes privées, cyberenquêtes et analyses de transactions blockchain au Canada et dans des dossiers internationaux.
Une première évaluation permet d'examiner les éléments disponibles et de déterminer si des pistes d'enquête peuvent être exploitées.
SarX.net — Détectives privés
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